"Un escalier..." de Elisabeth Lafont

"Remonter la vie, une marche après l'autre"


Elisabeth Lafont m'a contacté via Facebook pour me proposer son livre en service presse. Une histoire de vie, une histoire de soi mais surtout un message d'espoir.

Autant dire qu'elle a su m'interpeller car il n'y avait en aucun cas dans sa demande un espoir de parler d'elle mais surtout un partage. Parlons-en...


Résumé: L'auteure partage dans ce livre une vie, ses sentiments, ses joies et ses souvenirs. Pourtant, un escalier et la vie bascule. La douleur, l'incompréhension, la solitude et puis la main tendue, l'écoute et la prise en charge. La vie peut-elle être suspendu à une écoute ? Oui. Pas entièrement, mais c'est une reprise du chemin. Remonter la pente marche par marche...


Mon avis: Ce livre m'a embarqué, il presse le point sentimental dès le début. Une enfance, des souvenirs, une famille. Elisabeth Lafont raconte la jeunesse d'une petite fille. Peut-elle être différente de la notre ? Oui et non. Nous avons chacun nos propres souvenirs, un bref instant, une image, une émotion, un sentiment. Ceux de l'enfance et nous en avons tous une.


"On entend des chants de Noël. Le moment tant désiré est arrivé. Tous propres, fleurant bon le savon, l'eau de Cologne, bien coiffés, nous trépignons d'impatience devant la porte où Papa et Maman nous attendent. Grincement de poignée, c'est le rush ! Sans hésitation, même si la pièce est seulement éclairée par les bougies, nous nous dirigeons tout droit vers nos chaussures posées au pied de la cheminée et qui disparaissent sous les paquets et les papillotes."


Elisabeth Lafont écrit sans vraiment installer de chapitre. Chaque partie est un souvenir, un épisode de sa vie. Peut-on dire qu'il y a un style, un nombre de mots minimum obligatoire ? Non. Car l'auteure passe un message, un sentiment dorénavant avoué car compris. On ne comprend que lorsqu'on regarde vers l'arrière parce que le chemin emprunté tumultueux ou pas, décevant ou pas laisse une impression, un résultat. Et si, en lisant ce livre, se reconnaissant dans un mot, un adjectif parce que l'on a pas su le voir ou le différencier dans le tas d'interrogations que l'on se pose face au défi ou l'incompréhension, on s'identifie et l'on comprend. Le partage dans ce cas est bénéfique.


"Dernier cliché : pas de tapis. Il commence au pied de cette grande volée de marches.

Je deviens poupée de chiffon, la tête en celluloïd !

Une travée de bois, une deuxième, une troisième, les barreaux chantournés de la rampe...

Ma tête tape, frappe, tourne, roule, tombe et retombe. Il n'y a plus qu'elle. Le reste de mon corps suit, mais en ai-je encore un ?"


L'auteure Elisabeth Lafont raconte ensuite son arrivée au sein du corps médical, poussée par la douleur, elle pousse la porte. La première approche qu'elle me démontre, c'est la façon -théâtrale- comme elle dit. Telle une scène jouée où sont partagés dialogues incompréhensibles, telle une fourberie ou le malade imaginaire, elle démontre l'isolement du malade et l'univers à part du corps médical.


"Tout a basculé... Tout ! Elle sort en titubant et se dirige vers cette fameuse salle. Le responsable la voit arriver d'un air étonné mais ne dit rien. Et elle recommence indéfiniment les mêmes mouvements déjà appris... Il ne s'occupe plus d'elle puisqu'elle travaille toute seule.

Revenue dans sa chambre, la malade s'écroule sur son lit et fond en larmes. Que s'est-il passé ? Elle a fait un cauchemar...Elle va se réveiller ! Oui, elle a rêvé, cela n'est pas possible autrement ! "


Puis, passé le cauchemar de la mauvaise expérience, elle tente, elle cherche. Pas question qu'elle laisse tomber, alors elle traîne sa jambe, elle traîne sa vie et trouve.

Un médecin, ce médecin qui va lui demander sa confiance et lui donner en retour son respect et la vérité. Mais n'est-ce pas trop tard ? Peut-elle encore y croire ?

Pas de promesses de lui mais un engagement d'elle :


"-Je vous le promets, Docteur, je remarcherai, même s'il faut consacrer plusieurs années de ma vie. Je remarcherai face à tous ceux qui m'ont tourné le dos, face à tous ceux qui ont ri, qui voulaient me mettre dans un hôpital psychiatrique, face à tous ceux qui m'avaient déjà rangée dans "une case" dont je ne sortirai plus, je remarcherai avec tous ceux qui m'ont aidé. Je remarcherai car à trente ans, la vie ne peut pas s'écrouler ainsi..."


Dans la maladie, dans la douleur, il y a le cri : Les cris. Ceux de l'intérieur, ceux des autres. Il y a le silence : Les silences, le sien et celui des autres.

Puis, on se promet beaucoup. Grâce à une personne, une attention, oui généralement elles sont singulières ces expressions mais il n'en faut qu'une pour redonner goût à la vie, à l'espoir.

Ce livre, c'est de l'expression ,de l'attention, du vécu et du partage. Elisabeth Lafont n'est plus seule : Elle raconte, elle témoigne. Et toi, lecteur ou lectrice, tu ne l'es pas non plus. Tu ne l'es plus et c'est le plus beau message que pouvait faire passer Elisabeth Lafont.


Ma note : 5/5

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Qui est l'auteure ?



Passionnée de lecture depuis mon enfance, j’ai baigné dans un milieu littéraire très jeune grâce à une mère bibliothécaire.

Plus tard, devenue attachée de presse, c’est en échangeant avec de nombreux auteurs et lecteurs que je me suis lancée naturellement dans l’écriture.

Depuis 1993 j’ai publié une quinzaine d’ouvrages très variés : récit historique, nouvelles, recueils de poèmes, livres pour enfant, livre en collaboration avec des artistes peintres… et dernièrement mon autobiographie.

Auteur aujourd’hui, je suis avant tout lectrice. J’aime revenir sur des auteurs, être témoin de l’évolution de leur style, découvrir d’autres formes d’écriture.

En parallèle de mes travaux littéraires, j’ai animé des ateliers qui ont nourri mon appétit pour l’écriture et suscité mon désir d’échange avec différents publics.

L’écriture et la lecture, passionnantes ouvertures sur soi et les autres.

Source : site de l'auteure.



Mes questions à l'auteure :




Quand avez vous commencé ce roman?

J'ai commencé ce roman en 2011,mais sans savoir que cela deviendrait un roman...

Combien de temps lui avez vous consacré?

J'ai finalement mis 7 ans pour le faire, pour le débarrasser de tout ce qui pouvait "être pathos" ou trop perso...


Une anecdote sur ce roman?

Je l'ai commencé d'une certaine façon et un jour,je ne sais pas pourquoi, j'ai tout déchiré et je suis repartie ds une autre forme...


Avez vous un regret pour ce roman?

Qu'il ne soit pas encore plus connu du public. IL est déjà apprécié, mais on demande toujours plus... Pas pour moi, mais pour aider les autres, car c'est un livre où j'ai voulu donner de l'espoir... J'ai envie que les gens aient la "gniac" après la lecture de ce livre...pour redémarrer ou se battre !


Quels sont vos projets?

Le diffuser partout où je le pourrai et ensuite, le temps faisant son oeuvre, un autre mûrit dans ma tête, mais il n'est pas encore prêt. Cela n'est pas le moment encore pour lui. Et je changerai complètement de sujet et de style (sans doute des Nouvelles...)


Merci à l'auteure d'avoir pris le temps de répondre à mes questions.



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