"Les pervers narcissiques récits et témoignages"


"Le Pervers Narcissique et la Victime

Comprendre son « Moi » et son « Je » "


Résumé : Christine Calonne est psychothérapeute, conférencière, formatrice depuis 26 ans dans l’aide aux victimes de pervers narcissiques. En tant qu’écrivain, elle partage, décrit et commente son expérience par les récits et les témoignages de pervers narcissique ou victime. Qu’est-ce qu’un pervers narcissique ? Quel est le parcours de la victime avant, pendant et après ? Quel est le rôle de la société dans le fonctionnement du pervers narcissique ?


Mon avis : Au début du livre, je lis une introduction complète qui aborde le sujet du pervers narcissique sous toutes ses formes : Lui, la victime, les enfants, l’environnement, la société.

Le Pourquoi, le Comment et la Conclusion. Toute cette introduction pose très bien les façons dont seront abordés le pervers narcissique et les dommages autour de lui tout en étudiant « Lui » et « Les Autres ».


Dans la première partie : Christine Calonne partage l’histoire d’ Hadrien. Un pervers narcissique. Les aspects cliniques démontrent son rôle de victime « enfant ». L’enfant roi ou l’enfant sauveur, il grandit généralement dans un milieu où le parent (les deux ou parfois un seul) est un pervers narcissique. Il choisit donc pour affronter la société lors de son passage à l’adulte de ne plus ressentir aucune émotion et devenir à son tour : Un bourreau pour ne plus subir.


« L’alternative à la violence subie par le pervers narcissique dans son enfance, il ne la trouve que dans la violence »


…« Considérer la perversion narcissique comme « une mode » est également une façon de ne pas reconnaître l’idéologie de domination et de prédation véhiculée par notre société de consommation, valorisant l’avoir et la compétition à tout prix pour le pouvoir et l’image sociale ».


Dans cette première partie je découvre donc l’image du pervers narcissique de l’enfance à l’âge adulte. Son rôle au sein de sa famille mais aussi celui qu’il tiendra dans la société.

Il aborde la vie à l’âge adulte avec trois critères importants pour lui afin d’exister et combler un vide :

-répondre à la violence par la violence.

-écraser pour ne pas être écrasé.

-dominer pour ne pas subir.

Puis je le vois sous l’aspect de la figure d’un gourou.


L’emprise : « L’objectif est la perte de l’esprit critique. La victime est dépossédée d’elle-même, de ses pensées propres, émotions, sensations, de son désir ».


L’aliénation : « La victime perd sa propre parole par un conditionnement culturel (nouvelles références), affectif (isolement, fusion), physique (privation de sommeil, de nourriture, d’intimité, de vêtements personnels, régimes, travail forcé, apports chimiques, isolement sensoriel, absence de propriété personnelle). »


L’état agentique : « La victime ne se sent plus responsable d’elle-même, mais comme un instrument exécutant la volonté du gourou ».


Toute la personnalité, son comportement avec le partenaire, avec l’autre sont expliqués, décrits. Cela permet une reconnaissance, de par la victime ou l’entourage, du fonctionnement et du rôle du pervers narcissique dans une relation.


« Le pervers narcissique séduit narcissiquement sa proie pour s’approprier ses qualités. Une fois sous emprise, la victime découvre le vrai visage du pervers narcissique ».


« Si elle se plaint de ces privations, il se montre dur et cruel, sans empathie, ni bienveillance, car il ne supporte pas que l’autre existe en exprimant ses émotions, ses besoins et ses désirs. Il lui interdit d’exister. Si elle persévère, il se montre violent psychologiquement et/ou physiquement afin de rétablir sa toute-puissance et son pouvoir sur la relation. »


L’insatisfaction, le dénigrement : « Il le réduit à rien, ridiculise sa pensée, ses paroles, ses émotions, ses besoins ou ses compétences » , l’incapacité à aider ; l’isolement de sa proie : « Il l’isole aussi des relations qui ont pu décoder sa manipulation et ses intentions hostiles. Il monte la victime contre ces personnes en mentant, en les dénigrant. Il peut isoler ses propres relations de sa proie afin d’empêcher un dialogue qui pourrait le démasquer et créer des alliances à son désavantage » ; l’égocentrisme : « l’égo sur-dimensionné du pervers narcissique lui fait considérer l’autre comme sa propriété. Le partenaire doit se dévouer entièrement à lui, sinon il fait des scènes de jalousie dès que le conjoint manifeste une velléité d’autonomie » ; la culpabilisation, menace et chantage : « Le chantage et les menaces sont utilisés aussi quand le pervers narcissique n’arrive pas à manipuler sa proie » ; L’incapacité à s’excuser :

« Le pervers narcissique ne peut s’excuser, car il ne reconnaît pas sa responsabilité, sa vulnérabilité, ses erreurs et ses violences » ; déni, double visage , rendre sa proie confuse en alternant le chaud et le froid ; Laisser aller sa victime jusqu’à sa destruction en changeant d’attitude afin d’éviter sa perte ou sa fuite en ressentant un soulagement lorsque l’autre est au plus bas, une incapacité à supporter le bien être ou le bonheur d’autrui : «Le pervers narcissique est dominé par l’envie » .

Le regard du lecteur sur toute cette première partie sera celui du « Pervers narcissique ».


Pourquoi ? Comment ? Qui est-il ? Son évolution.


La deuxième partie est un partage de Christine Calonne comprenant les différentes théories et pratiques de psychothérapeutes sur le pervers narcissique. (Peter A. Levine, Alberto Eiguer, Marie-France Hirigoyen, Paul Claude Racamier ….)


La troisième partie raconte les causes.

La pédagogie noire, le syndrome de Stockholm , initié généralement dès l’enfance, englobant une histoire familiale et sa vie dans la société : comment il la perçoit et comment est-il perçu par elle. Ce sera le point de vue expliqué par l’auteure pour comprendre l’état psychologique ou naît le pervers narcissique. Puis l’évolution dans sa vie d’adulte : sans émotions, il cherche la meilleure place en écrasant, en exploitant l’autre pour s’élever dans une vie sociale et/ou professionnelle. Avoir enfin une place qui, selon lui, lui est due.


La quatrième partie se focalise sur la victime.

Différentes histoires, des récits de victimes sont ici racontés et analysés par Christine Calonne.

Sous l’emprise d’un conjoint, d’un père, d’une mère pervers narcissique, les témoignages reflètent le quotidien et le vécu de chaque victime.


Quel est le profil de la victime ?

Inconsciente de ce qu’elle vit :

« Une personne victime de violences est une personne qui les subit sans y consentir, sans chercher à entretenir cette violence pour en jouir. Elle a subi un préjudice punissable par la loi et ce préjudice l’a traumatisé. Elle ne perçoit pas la violence, parce qu’elle est coupée de ses propres perceptions, sensations, émotions, à cause de ce psychotraumatisme. »


C’est une personnalité à haut potentiel :

« La personnalité à haut potentiel est une proie rêvée du pervers narcissique, car elle dispose justement de beaucoup de ressources humaines, intellectuelles, créatives, relationnelles, spirituelles. Elle éprouve un sens aigu de la justice et de l’équité. Son intelligence vise une compréhension globale des choses, cherche les liens entre les différentes dimensions de l’existence, entre les différentes conceptions du monde. Elle est constamment motivée par le désir de comprendre et la quête de vérité. »


A travers un témoignage, on lit la victime d’un conjoint pervers narcissique.

« Je n’avais pas le droit d’être malade…Il ne me faisait jamais de compliments…

Je n’avais droit qu’aux reproches quotidiens…Il critiquait ma cuisine… »


Christine Calonne aborde ensuite les conséquences sur la victime :

« La victime d’un pervers narcissique est traumatisée d’avoir été exposée constamment à des violences à petit feu. »


« Elle ne peut se décharger de ses émotions parce qu’elle subit l’interdit d’exister, de s’exprimer du pervers narcissique qui exige de l’autre la perfection, le contrôle de soi, une attitude forte et dure. Elle entre ainsi en état d’impuissance apprise, car à force de craindre la violence, elle perd toute spontanéité. Elle se fige, se contrôle, tente d’être parfaite. »


Les antécédents parfois traumatiques, le syndrome de Stockholm : « Anesthésiée par la confusion, le doute, par l’état de choc que suscitent les violences, elle n’arrive pas à penser, à prendre du recul et à sortir de l’emprise » ; la dépression, le harcèlement : « Ce sont des violences répétées et imprévisibles qui lui font craindre de mourir. »


La libération et la reconstruction : « C’est souvent grâce à l’aide d’une personne ressource qu’elle arrive à prendre conscience de son état. Elle peut identifier les violences, les nommer et concevoir l’horreur de ce qu’elle vit, l’inacceptable. »

« Grâce au dialogue, à l’avis de cette personne, la victime devient capable de prendre du recul ».

« Un film, un documentaire, un livre, des témoignages télévisés ou un groupe de parole peut servir de déclencheur à cette analyse »


La fuite :

« La contre-manipulation active est dangereuse durant l’emprise, car le pervers narcissique peut passer à l’acte violent en cas d’opposition directe »

« Elle doit rester calme devant son agresseur pour ne rien laisser transparaître de ses projets »

La seule solution est « partir ». Mais partir, c’est braver ses peurs, sa colère, ses cauchemars, retrouver les soutiens perdus pour l’aider à affronter la vie mais aussi « lui ».


La reconstruction :

« Elle va permettre, à chaque pas en avant et à chaque réussite d’un objectif, de retrouver confiance en soi, confiance en la vie. »

Christine Calonne insiste sur le fait que la reconstruction passe principalement par le retour au « soi » et au « je ». Apprendre à s’estimer et à s’écouter, prendre plaisir, s’autoriser enfin du temps pour soi, se faire plaisir, s’épanouir et se réaliser :

« Elle peut réapprendre à cultiver une image positive d’elle, l’amour pour elle-même en prenant soin de ses besoins enfin reconnus. »

L’entourage, les enfants subissent aussi des dommages collatéraux. Lorsqu’ils ne sont pas la cible principale du pervers narcissique.

« Garder confiance en [l’enfant], en sa capacité à évoluer, à se libérer, peut l’aider à faire le choix de l’amour et à remettre en question le choix de la haine fait par le parent pervers narcissique. »


La cinquième partie :

Le traitement de la perversion narcissique : est-ce sans espoir ?

« Le pervers narcissique peut consulter aussi suite à la perte d’un parent, d’un conjoint, d’un échec professionnel, ou obligé par le juge. Dans ce dernier cas, le désir de changer est rarement là et la relation thérapeutique est beaucoup plus difficile à installer. »

La psychothérapeute Christine Calonne démontre dans ces quelques pages qu’un traitement est possible mais cela inclut le désir du pervers narcissique à comprendre comment il doit à nouveau ressentir des émotions comme l’amour et l’empathie… Pourtant cette relation entre le psychothérapeute et le pervers narcissique, qui n’est pas atteint d’une maladie, se doit d’être distante. L’approche d’un pervers narcissique requiert une connaissance extrême de la personnalité afin de lui rendre une humanité qu’il ne démontrera pas en faisant le choix de se proclamer « victime ». En aucun cas, en effet, il n’acceptera de se reconnaître responsable de son comportement envers les autres et son entourage.


La sixième partie :

« Epuisée physiquement et moralement, en état de stress post-traumatique, [la victime] a du mal à s’orienter, à réfléchir, à s’exprimer, à voir clair sur son vécu et à ressentir son état de victime. Elle se culpabilise énormément. »


Le traitement de la victime décrit par Christine Calonne constitue des étapes essentielles afin de se reconstruire. Je parle de reconstruction car c’est le mot qui revient très souvent lors de rencontres avec des policiers (plainte), personnels administratifs (démarches), médecin et/ou psychothérapeute (suivi médical), famille, les ami(e)s ou l’avocat (plainte ou demande de divorce). Chacun par la sécurisation, l’empathie, la déculpabilisation, la revalorisation de la personne, la présence, le dialogue et l’échange permettront à la victime de retrouver du bien-être intérieur, recréer un « moi » instinctuel, traverser le traumatisme, pouvoir apprendre à changer de position de vie et redevenir assertif.


« Elle devient responsable de son bonheur, car elle écoute et satisfait ses besoins fondamentaux, ses désirs. »

« Dans cette optique, l’identification de nouveaux projets, de nouveaux buts et objectifs motivants, en accord avec ce qu’elle est, va aider l’ancienne victime à retrouver son équilibre. »

« Elle peut s’autoriser à être pleinement elle-même et à s’épanouir. »


Les dernières pages de l’auteure seront consacrées à la prévention envers un pervers narcissique et toutes les formes de violences par lesquelles il peut être identifié : psychologiques, physiques, économiques, verbales et sexuelles, elles sont un tout pour lui. La conclusion présente le pourquoi de ce livre. Mieux connaître et comprendre la personnalité du pervers narcissique, c’est la meilleure façon de s’en protéger ou de s’en détacher. Car derrière chaque pervers narcissique il y a une victime ou une proie.


Ma conclusion :

Ce livre m’a été offert. Trois mois après avoir quitté un conjoint pervers narcissique, après 25 ans à avoir tout subi, tout accepté et vécu sous son autorité. Il était temps pour moi de comprendre, de réaliser , de répondre à mes propres questions et à celles des autres : « Pourquoi avoir tant attendu ? » « Moi, ça ne se serait pas passé comme ça ! ». Cette lecture est une façon d’aborder la relation pervers narcissique/victime sous toutes ses formes et la vision qu’engendre l’un et l’autre dans la société actuelle.

Christine Calonne a insisté sur la dimension transgénérationnelle de la perversion narcissique, je pense qu’il est temps alors de dire « Stop ». Le faire c’est le dire, le lire, être informé, apprendre, voir, comprendre. Connaître la personnalité du pervers narcissique qui je le rappelle peut être un mari, une femme, un père, une mère, un(e) collègue, un(e) voisin(e) , n’importe qu’elle personne si sympathique, si séduisant à vos yeux peut se démontrer un bourreau à son domicile ou à son travail.

Alors oui, ce livre s’adresse à tous : victime, entourage ou personnes dans le milieu professionnel qui vont accompagner ou s’adresser à l’un ou à l’autre (le pervers narcissique ou la victime). Il est essentiel de savoir, de comprendre et donc d’accompagner l’un ou l’autre en toute connaissance de ce que chacun peut apporter à l’un comme à l’autre.

Je reviens beaucoup sur l’un et l’autre parce que, dans une relation pervers narcissique /victime, ils sont deux : l’un paraît et l’autre s’oublie dans un monde, qui pourtant est réaliste face aux violences. La violence du pervers narcissique ne se voit pas, elle est silencieuse. Il est temps d’ouvrir les yeux et d’écouter les souffrances qui se répètent de générations en générations. Le pervers narcissique a toujours existé. Il pourrait continuer son chemin en paraissant un être admirable. Le détecter et s’en protéger les uns et les autres est le meilleur moyen de dire « Stop » .


Ma note: 5/5


Pour se procurer le livre c'est ici


Le site de l'auteure : c'est ici



Qui est l'auteure ?

Christine Calonne est licenciée en psychologie clinique de l'université de Liège en Belgique. Elle est psychothérapeute, écrivain, conférencière, formatrice, spécialisée depuis 26 ans dans l'aide aux victimes de pervers narcissiques. Elle a créé un centre pluridisciplinaire d'aide aux victimes de pervers narcissiques à Namur en Belgique où elle propose des ateliers. ( Source Amazon )


Mes questions à l'auteure :


1) Vous nommez dans le livre le rôle du transgénérationnelle et celui de la société dans la personnalité du pervers narcissique, selon vous lequel des deux déclenche et libère prioritairement le comportement du pervers narcissique ?

Je pense qu’il est nécessaire d’avoir une vision bio-psycho-sociale des troubles de la personnalité, une approche intégrative. Cette approche ne sépare plus la réalité en morceaux, mais considère en même temps les différents facteurs qui interagissent pour produire un trouble de la personnalité. C’est l’argumentation de mon dernier livre « Les pervers narcissiques, récits et témoignages ». Les facteurs sociaux permettent d’expliquer pourquoi ce trouble de la personnalité se multiplie rapidement à notre époque. Les facteurs familiaux, transgénérationnels et biologiques (conséquences biologiques du stress chronique vécu au contact d’un PN) contribuent également au degré de gravité du trouble qui devient de plus en plus sévère au fil des générations.


2)Parmi les psychothérapeutes y-t-il unanimité sur la définition de la personnalité du pervers narcissique ?

Les psychothérapeutes ne sont pas nécessairement des psychologues ou des psychiatres. Seuls les psychologues et les psychiatres sont habilités à faire un diagnostic. Parmi ceux-ci, on observe trois grandes écoles : psychanalytique, systémique, comportementaliste. L’école psychanalytique et comportementaliste regroupe le plus de chercheurs qui ont écrit sur la perversion narcissique (D. Barbier, A. Eiguer, M.F. Hirigoyen, Ch.Calonne, M.Hurni et G.Stoll, CH.Herbert, J.CH.Bouchoux, P.Couderc, …). Les systémiciens ne parlent pas de perversion narcissique, mais de jeux de pouvoir, car ils voient le fonctionnement des individus en fonction de leurs interrelations, sans prise en considération de leur dynamique intra-psychique. Parmi les psychanalystes, tous s’accordent sur la définition de la PN comme pathologie du narcissisme. Cela rejoint la définition comportementaliste du DSM5 sur le trouble de personnalité narcissique. Mais, on devrait ajouter à cette définition des traits antisociaux (pervers) définis par le DSM5, comme le mépris pour la sécurité d’autrui, la tendance tromper autrui pour un profit personnel, à mentir, à escroquer, l’incapacité à se conformer aux normes sociales qui déterminent les comportements légaux, l’agressivité, l’irresponsabilité, l’absence de remords après avoir blessé autrui. Certains y voient, outre les mécanismes de défense narcissiques et pervers, un soubassement inconscient psychotique, des angoisses paranoïaques ou schizophréniques (angoisse d’être détruit par l’autre, poussant anticipativement à détruire l’autre pour survivre à cause des traumatismes de l’enfance). C’est le cas, d’Eiguer, Barbier, Hirigoyen et moi-même.


3) Est-il raisonnable de penser que le pervers narcissique agit comme un parasite à l'égard de sa proie, quelle est la part de l'instinct animal dans son comportement ?

Oui, c’est un comportement de parasite, au sens où il se moule dans le psychisme de sa proie pour fusionner avec elle et mieux la séduire, l’exploiter, puis la détruire. La part animale dans son comportement est liée aux réflexes de survie du cerveau limbique : Fuir ou combattre face à des traumatismes insupportables de l’enfance où il s’est senti en danger de mort imminente (stress post-traumatique). Cela explique que cette dynamique soit inconsciente mais très puissante, puisqu’il s’agit de la survie. Mais, le PN a fait le choix CONSCIENT de nier ses traumatismes d’enfance pour conquérir le pouvoir, devenir tout-puissant et ne plus jamais souffrir. Il a choisi de SE VENGER, choix conscient pris à l’adolescence (cfr. mon dernier livre). C’est sa dimension perverse.


4) Quitter un pervers narcissique et éventuellement engager une procédure contre lui demeurent un risque. Selon votre expérience et à l'heure où l'actualité française nous ramène à la réalité de feminicides, que risque la victime qui choisis la fuite de la part de son bourreau ?

La victime qui quitte un PN risque de vivre un harcèlement moral, des démarches procédurières en justice de la part de son agresseur visant à se venger, l’utilisation des enfants (aliénation parentale) pour continuer à faire souffrir la victime, un risque de passage à l’acte (violence physique) au moment de la séparation si elle ne prend pas des mesures de protection, le risque de se voir isolée de son entourage familial, professionnel, amical si elle n’informe les gens de ce qu’elle vit, car le PN tentera de les monter contre elle.


5) Dans ma chronique, j'estime pour ma part que ce livre est utile pour chaque acteur confronté à la perversion narcissique : le bourreau et la victime, le milieu professionnel, l'entourage. L'avez-vous écrit dans cet esprit ?

Oui, j’ai écrit le livre pour tous ces acteurs à la fois, mais aussi pour les scientifiques, tous les intervenants sociaux qui doutent encore de l’existence de ce trouble de la personnalité et qui le confondent avec un phénomène de mode, parce que terme est utilisé inadéquatement pour définir des auteurs de violence autres que les PN. Si le monde des intervenants sociaux s’y intéressaient, on pourrait mieux protéger les victimes surtout les enfants de PN qui sont en danger et que personne n’aide par ignorance. Cela me touche tout particulièrement.

Merci beaucoup à Christine Calonne d'avoir pris le temps de répondre à mes questions.




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