"Les Cendres du Père" de Marco Carbocci

Dernière mise à jour : 26 mars 2020


Nombre de pages de l'édition imprimée : 320 pages.

  • Edition: La p'tite Hélène Editions (publié le 1 Octobre 2019)


Résumé :


Un homme ramène les cendres de son père en Toscane, dans ce village perché sur la colline, qui fut autrefois capitale des Étrusques et n’est aujourd’hui qu’un hameau vidé de ses derniers habitants. Peut-être n’est-il plus possible de vivre sur la colline, constatera-t-il. Peut-être d’ailleurs n’est-il plus possible de vivre non plus en Toscane ou dans toute l’Italie. Résolu cependant à y interroger ses racines, il se souviendra des récits que son père lui faisait lorsqu’il était enfant. Et son père lui dira de nouveau, affectant tantôt de la désinvolture, tantôt de la gravité, son expertise du vieux siècle passé : l’époque fasciste et son arbitraire, l’après-guerre et l’exode rural, l’engagement révolutionnaire et l’émigration. Il lui racontera la précarité d’une vie, d’un monde où tout est à la fois effort et renoncement, répétition et changement. Il lui lèguera enfin l’exigence de conserver intacte la faculté de questionner tous les possibles. Que reste-t-il de cette expertise ? Non de la nostalgie, mais la conscience que tout se démêle toujours entre le progrès et la tradition, l’identité et le déracinement, l’utopie et le quotidien. Et puis, au terme de ce périple, la conviction que, tant que l’on se souvient, il n’existe pas d’ancien et de nouveau, de vivant et de mort, de moderne et de périmé : il y a ce qui est éternel et ce qui ne fait que passer.



Mon Avis : Au début du roman, l'auteur me raconte un homme qui s'isole : lui . Il donne son impression, il analyse son environnement mais ce n'est pas le même regard que d'habitude puisqu'ils ont ramené, lui et sa famille "Les Cendres du Père" en Toscane. Alors il se questionne, le choix du lieu était-il le bon? Son père aurait-il approuvé ? Pourquoi? Cette envie de se contredire, de se raisonner, se dire et se confirmer. Je découvre au fil des pages son caractère, très aléatoire, il a envie de trouver, de savoir mais donne aussi l'illusion qu'il n'en a plus envie. La raison ou la sagesse ? Il existe pourtant quelques miettes de rébellion à l'intérieur de lui-même.

La plume de l'auteur est toujours aussi poétique et intéressante : émouvante et réaliste. Par son écrit il embarque, je l'accompagne dans ses pensées, dans ses pas, sur ce chemin qui le mène à sa famille. Lorsque je lis que son moment préféré est la tombée de la nuit, je ne suis pas étonnée ! Solitaire, il est pourtant présent avec les siens, par le regard, la présence ou la parole. Quelque chose me pousse à vouloir le comprendre, il parle mais pas de lui, il est présent mais en retrait.

Ce livre raconte ses pensées, ses souvenirs, ses impressions et pourtant il ne dégage pas quelque chose de personnel mais tourné vers l'autre ou les autres.

Le premier chapitre, intense, me berce dans sa solitude et pourtant à travers le chemin des pages et des chapitres, il m'emporte. Ce soir-là, avec ses frères et sa sœur réunis, il n'est pas seul. Il disperse même des miettes de bonheur à l'aide des mots, un bonheur pudique, c'est vrai. Parce que Marco Carbocci n'a pas besoin d'en dire trop sur les émotions, il les partage naturellement. Il m'a laissé cette impression que l'on peut tous ressentir dans les moments de doute ou d'incertitude : Pas besoin de trop en dire ou de trop en faire , être ensemble suffit ! Dans une famille , il n 'est pas toujours nécessaire de se prouver ou de démontrer : les regards, l'attention et la présence c'est ça la "famille" !


Ma note : 5/5 et un coup de coeur !

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Qui est l'auteur ?


Philologue de formation, Marco Carbocci a vécu à Bruxelles et à Paris, mais a gardé le cœur, l’imaginaire et quelques projets d’avenir dans sa Toscane d’origine. Aîné d’une famille nombreuse, il a été professeur de lettres et de latin, photographe, chroniqueur littéraire et politique, éditorialiste, guide et traducteur dans un musée étrusque, manœuvre, enfin auteur d’essais et de romans. Il appréhende l’écriture, non comme une nécessité, mais comme une condition. Non comme un art, mais comme un engagement : de la sueur et de l’émotion. Après un séjour assez long auprès des Amérindiens du Québec, il a jugé pertinent de mettre un terme à son activité de journaliste et a résolu de se consacrer exclusivement à l’écriture de fiction : la tête en fuite, inventant des histoires qui parlent de choses vécues ou de choses qu’il aurait aimé vivre, dire ou faire si la vie était un pow wow indien.



Mes questions à l'auteur :


Quand avez vous commencé ce roman?

Le périple évoqué pour ramener les cendres de mon père dans son bled de Toscane à réellement eu lieu. C’était en 2011. Dès l’époque, et sur les lieux mêmes des événements décrits, j’ai commencé à rassembler des notes, des impressions, des bribes de dialogues. Beaucoup de ces éléments se retrouvent tels que je les ai alignés alors dans le texte final. Cela dit, même si le substrat narratif de « Les Cendres du Père » puise abondamment dans le réel, je tiens à préciser qu’il s’agit bien d’un roman et non d’une autofiction. À mon sens, le séquençage sémiotique et l’investissement nécessaire à l’élaboration d’un roman est très différent de ceux requis par une autofiction.

Combien de temps lui avez vous consacré?

Je suis un adepte résolu du temps long. Certains auteurs se vantent d’avoir craché leur texte en quelques semaines. Tant mieux ! Bravo ! Ceux-là doivent être infiniment plus performants que je ne le suis. Pour ma part, cela se compte toujours en années. J’ai travaillé de longs mois sur une première mouture que j’ai laissé reposer longtemps. Plus tard, deux années pleines ont été nécessaires pour aboutir à la version définitive. Mon entourage me le reproche assez : je suis un vrai stakhanoviste de l’écriture. J’ai besoin d’une immersion totale dans le texte, demeure totalement injoignable et ne m’éloigne du texte que pour me vautrer une heure ou deux sur un canapé lorsque je me rappelle que le sommeil est une fonction déplorablement nécessaire.

Une anecdote sur ce roman?

Eh bien, à l’origine, je ne suis pas convaincu que j’ai eu tout de suite l’intention d’en faire un roman. Quand je n’écris pas, je suis également photographe. J’alimentais alors un blog où je mêlais l’image et le texte. J’y ai ouvert une rubrique intitulée « les cendres du père » pour y poster une première image. Ensuite, j’ai songé à l’accompagner d’un texte : je tenais déjà, sans l’avoir pleinement prémédité, une ébauche très écourtée de mon premier chapitre. Plus tard, au moment de poster l’image qui constitue aujourd’hui la couverture de l’édition, j’ai réalisé que j’avais pris le rythme d’un roman. C’est que ma sémantique de l’image est une sémantique d’écriture : la scène du môme qui court avec son seau vers l’horizon me disait l’histoire que j’ambitionnais de raconter. Je n’avais jamais eu l’intention d’écrire sur le deuil. Je voulais autre chose que je n’avais peut-être pas été capable de déterminer encore : je voulais à la fois une mémoire et un envol.

Avez vous un regret pour ce roman?

A priori, non. Mais on en reparlera si mon éditeur m’informe qu’il n’en a vendu que quatre exemplaires. Note que ce n’est pas l’échec commercial que je pourrais regretter. Non. J’aurai surtout le sentiment de n’avoir pas été à la hauteur de mon sujet, l’insupportable regret de n’avoir pas été capable de rendre hommage à ma Toscane, à ses personnages et, surtout, aux cendres de mon père.

Quels sont vos projets?

J’ai la matière de plusieurs romans et recueils de nouvelles qui repose dans un tiroir. Un de ces prochains jours, j’ouvrirai ledit tiroir et choisirai l’objet qui me semblera assez mature pour le finaliser. Mais dans l’immédiat, mon premier projet consiste à te remercier Christine. Puis à remercier tous ceux qui prendront la peine de se pencher un peu sur mon texte. Parce que, en somme, tous ces beaux projets d’écriture n’ont aucune substance tant qu’ils ne trouvent pas le cœur et l’intelligence de leurs lecteurs.


Merci à l'auteur d'avoir répondu à mes questions .


Service Presse Auteur

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