Le Sicilien de Carl Pineau

"Compte à rebours ou règlement de comptes"


J'ai lu, quelques mois auparavant, le premier roman de Carl Pineau : L'arménien.

L'histoire, l'intrigue et l'univers m'avait beaucoup plu. Pour ce deuxième livre, je savais qu'il s'inscrivait comme une suite sans en être vraiment une. La même ville, quelques personnages qui resurgissent, bref : Nantes dix ans plus tard. J' avais hâte de lire la suite mais comme tout deuxième volume, Carl Pineau allait-il me décevoir ?


Résumé : Nantes, 1995. Une jeune albanaise est assassinée dans des conditions particulièrement sauvages. Dario, gérant de discothèque, fait figure de principal suspect, comment ne pas l’être, on a retrouvé le cadavre dans son coffre ! Greg Brandt, policier expérimenté, est chargé de l’enquête, et dresse une liste bien plus étoffée de coupables potentiels, au premier rang de laquelle on trouve quelques mafieux, fraîchement débarqués d’Europe de l’Est, des notables, des truands locaux...

Un cadavre, un coupable idéal, des mafieux aux méthodes plutôt violentes, un avocat aux curieuses fréquentations, des jeunes femmes exploitées, des truands russes... Rien ne va plus dans le pays nantais.


Mon avis : 1 Octobre 1995, Dario Galati fête son anniversaire. En fait, ce sont plutôt ses amis qui lui souhaite au travail car il gère une boîte de nuit. Bleona Oxa, brune incendiaire est là qui le mate, qui l'attire. Que veut-elle lui offrir, que tente-t-elle de fêter : un anniversaire ou leur soirée ? L’atmosphère est électrique dans la boîte, dégoulinante d'alcool, on boit, on se perd. Andrei, Eddy mettent en garde Dario face à cette albanaise qui ne leur inspire pas confiance. Dario est sur de lui, il les raccompagne, il ferme la porte, elle est là, elle l'attend.

Attraction, colère, frustration, Dario et Bleona ne ressortent pas indemne de leur tête à tête.


Assis sur le banc de béton, j’avais la tête comme une calebasse, les tempes martelées de sang et d’idées aussi farfelues les unes que les autres pour expliquer ce qui m’arrivait : la délation d’un concurrent, le canular d’un copain, la fugue d’une cliente mineure… Dans quel pétrin j’avais encore pu me fourrer ? Je suis resté à mariner des heures avant qu’un avocat commis d’office me rejoigne. C’était un blondinet avec une mine de poupon à peine sorti des jupes de sa mère, étriqué dans sa robe noire. Il m’a serré la main du bout des doigts. J’ai commencé à lui expliquer que j’ignorais les motifs de mon incarcération, mais il m’a arrêté d’un geste impérieux.


Dario, amoureux fou de Leïla est complètement perdu. Ses amis, sa famille, son travail, le patron : plus rien ne tient, plus rien ne s'assemble ! Que s'est-il passé ? Où vit-il ? Qui sont ces gens qui l'entourent ?

La vie ne veut plus rien dire, sans elle, sans tout ce qui pour lui argumentait sa vie.


L'inspecteur Creg Grant est toujours présent dans cette ville, dix années après l'histoire de l'Arménien. Un homme, trompé, menacé et perdu, il connait. Il s'immisce dans les vies, conduit l'histoire et mène l'enquête. Comment ne pas se prendre d'affection pour ce flic juste et tranchant, droit et franc. Alors le duo improbable de l'enquêteur confident et soutien de l'accusé reprend du service. Me revoici dans l'ambiance "Gabin-Delon" le posé et l'imposteur, le retardateur et la bombe. Il enquête, il subit. Il sauve, il cherche.


Un flot de larmes rageuses a jailli de mes paupières tuméfiées : Leïla ! Pourquoi m’avait-elle menti ? Cette révélation me rendait fou, une frustration indicible face à une imposture qui détruisait le sanctuaire que je croyais avoir bâti grâce à elle. Pour autant, je savais que je n’avais pas mérité sa confiance. Et je savais que je l’aimais, qu’elle me manquait à en crever.


J'aurais surement aimé un peu plus d'informations sur le côté histoire du livre, des informations un peu plus complètes et recherchées.


Conclusion : Carl Pineau m'a livré, une fois de plus, un très bon polar. Pas de déception, une route vers Nantes droite et remplit de balises de surprises, de vérités et un ciel orageux à souhait. Le Sicilien est-il un homme à abattre ou à extraire de la ville comme l'Arménien ? La famille a des secrets bien gardés jusqu'à ce que le policier déterre les cadavres ou les ramasse ! L'inspecteur Grant prendra-t-il vraiment sa retraire ? Pas sur : Le Nantais débarque dix ans plus tard en juin prochain.


Ma note : 4/5


Pour se procurer le livre c'est ici ou ici





Merci aux éditions Lajouanie pour ce Service Presse.

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