La femme seule et le Prince charmant de Jean-Claude Kaufmann

"La femme avant, pendant, après son époque"


J'ai trouvé ce livre chez un bouquiniste. Publié en 1999, où trouver la femme ? Quelles comparaisons faire avec notre décennie ? Qui est la femme seule ? Comment définir le Prince charmant ?


Résumé : Aujourd'hui, une femme sur trois vit en solo, et leur nombre s'accroît d'année en année. Allons-nous vers une génération de célibataires ? Pourquoi tant de femmes vivent-elles seules et heureuses de l'être ? Et si cela n'était pas une maladie mais au contraire un art de vivre ?

La Femme seule et le Prince charmant est un conte moderne qui répond à ces questions en profondeur. Mieux vaut une solitude heureuse que le malheur partagé, sans doute, mais les choses sont-elles aussi simples ? L'analyse de Jean-Claude Kaufmann apporte des réponses rarement données et difficiles à entendre parce qu'elles bousculent trop d'interdits. (source Amazon)


Mon avis : Ce livre est écrit par Jean-Claude Kaufmann, un sociologue qui tente de chercher le prétexte plutôt que l'analyse qui pourtant constitue l'essentiel de ce livre.

La femme entre vingt et cinquante ans : développer l'idée que la vie seule est une vie en deux. Pourquoi ?

La femme se trouve régulièrement entre deux pôles : le négatif et le positif. La joie, la peine. Le rire, les larmes. De là, démontrer que cela ne concerne que la femme seule ? Il se pourrait qu'il se trouve une femme seule en chacune de nous ?


La femme seule raconte à la société qu'elle est libre, elle n'a besoin de personne pour vivre. Le prince charmant ? C'est quand elle le désire !

Le prince est un homme amoureux d'elle, elle a forcément autorisé son amour. Le Prince, c'est celui dont elle rêve. Intouchable, irrésistible, rêvé : il est de l'ordre du conte de fées. Le veut-elle vraiment ? Tout ceci, vous l'aurez compris tient à la majuscule.


En fait, le Prince provoque le pôle négatif : Où est-il ?

Elle vit en harmonie avec elle-même et le Prince débarque dans ses rêves, à cause de qui ?

La société !


Selon l'histoire, le mariage est une base sociale puis la découverte du célibat permet l'isolement qui déclenche la créativité. Une façon de se connaître, de se reconnaître.

Le célibat est une individualisation qui permet de se chercher soi-même.


L'individualisation remonte au XVIIIème siècle :

la déclaration des droits de l'homme, la mise en place des fondements de la science moderne, les penseurs : de Socrate à Montaigne qui développent le souci de soi.

La personnalité : soi-même.


Au XIXème siècle, pourtant la femme est devenue une mère : la vertu du foyer.

Pourtant la révolution avait voté le divorce. La femme reprendrait sa liberté ?

Minute ! La restauration permet l'annulation de cette loi. On tente de garder la base du foyer : la femme et la mère.


Le mouvement d'émancipation individuelle développe l'idée du célibat. Pourquoi se marier ? Autant rester célibataire si l'on doit rester enchainé au lien du mariage : ça vous dit quelque chose ?

On y reviendra plus tard..


Avant cet épisode, la famille était le centre de la société. Qui sont alors les célibataires ?

Les cadets, les militaires, les journaliers miséreux, les servantes, les religieuses ou les prostituées.


Le célibat éclate donc à la fin du siècle :

on se veut autonome, libre, des rêves plein la tête. On reprend donc la suite d'un mouvement commencé un siècle auparavant :

des villes : on part à la campagne.

Être seule : c'est être contre culture (on motive sa propre révolution).

La femme est de plus en plus diplômée, elle entame sa vie professionnelle : le mariage c'est pour plus tard. Vivre seule ou avec les copines, c'est la même chose : on s'amuse, on rit, pas de restriction, pas d'obligation.


Et la société dans tout ça ? Elle voit d'un mauvais œil cette liberté ! Il faut dire que plus libre signifie plus légère. La femme célibataire change alors son aspect :

chignon et dentelle jusqu'au cou afin de paraître avec plus de caractères. Mais la femme moderne, celle de la ville : se maquille, s'habille comme elle aime (plus élégante, plus parfumée) c'est la femme autonome.


On a donc deux paysages : la femme seule est introvertie ou libérée. Après tout, la société y trouvera le plaisir de mesurer la différence et le caractère de chacune. Une forme d'indépendance ? Pas si certaine ! C'est encore la société qui décide.


Qui est la femme de 14-18 ?

Elle fait peur à l'homme ! Oui, disons surtout en haut de l'échelle sociale.

Elle vit seule.

Elle fait tout.

Et si l'homme reprenait sa place ? On fait comment ?

On inverse les rôles : une médaille pour la mère de famille nombreuse. La femme devient donc l'héroïne, fatiguée par les années de guerre : pourquoi pas !


La société fait quoi ? Elle développe la vie à la maison avec y compris le confort : réfrigérateur, machine à laver.. Ce que l'homme n'avait pas prévu : la femme tellement bien dans cette nouvelle vie s'accorde le fait d'être elle-même. Conclusion : la femme se libère !


Prise entre le désir de soi et le reflet d'une société : où trouver sa place, son rôle dans un monde qui régurgite un droit d'un autre siècle ou replace son envie à l'endroit efficace et consommateur (la maison) ?


La femme du XXème siècle se retrouve donc en zone de combat avec elle-même :

la bataille des sentiments.

Vivre seule ou se marier, tel est le terrain glissant où se joue son honneur.

L'arbitre ? La société.

J'en conclus que l'époque provoque l'individualisation et l'individualisation créée le changement d'époque. Un roulement de vingt ans :

20 ans : célibataire ; 40 ans : mariée ; 60 ans : seule (veuvage ou divorce)

Vous me direz : Quelle différence avec l'homme ? C'est peut-être parce que pour lui tout est clair. Il se marie lorsqu'il est devenu un homme puis à la quarantaine un retour sur le célibat (pas toujours mais il repense à sa jeunesse, nostalgique peut-être de sa liberté) puis il termine sa vie à deux en attendant que..


Pourquoi la femme seule ressent alors le doigt accusateur dirigé sur elle parce qu'elle ne rentre pas dans les cases ? La société ! (oui, je me répète mais c'est qu'elle dirige beaucoup )


Pourquoi se met-elle alors à la recherche du Prince charmant ?

Le sauveur !

Le réconfort !

Les deux opposés enveloppent le Prince charmant, il se doit être le vainqueur de la terrible bataille avec la société, brave et conquérant : C'est le gladiateur de l'amour.

Il se doit être l'enveloppe qui réconforte, un réconfort doux et sage : le doudou.

Oui, je sais les hommes qui liront ces phrases pourront clamer haut et fort qu'on leur en demande trop : le pôle positif et son contraire mais maintenant il sait que la femme vit dans deux mondes !


Si le Prince ne se pointe pas à l'horizon, elle se perd dans ses envies : le conte est une mascarade, le rêve vire au cauchemar : le monde réel s'impose dans l'idéal.

Alors, elle devient l'investigatrice de sa vie en deux :

avec l'âge, les possibilités réduites, l'habitude qui s'installe et les exigences qui sont montés de dix crans. La femme seule s'affirme et se déclare grande gagnante de la plus belle mascarade de sa vie : avoir cru au conte raconté lorsqu'elle était enfant et écrit il y a des siècles ainsi faire rêver ou même endormir la belle jeune fille qui fait le ménage et se marie avec par la suite de beaux enfants. L'histoire au fil des contes sera toujours : Le mariage ? C'est un homme qui vient la chercher même s'il doit la réveiller ou la sortir de chez elle. Elle qui riait avec sept petits hommes qui ne pensaient qu'à son bien-être pour finir mariée avec des enfants sans vraiment savoir comment elle a vécu sa vie.


Bref, la femme mène un combat en deux : la société et elle-même.

Mariée ou célibataire ? L'on peut penser aujourd'hui qu'elle fait son choix. La société patriarcale a trouvé son nom. Et la femme a trouvé son chemin : seule ou mariée ?

La femme dispose d'un peu plus d'alternative au mariage comme au célibat. Le statut devient de plus en plus un choix.

Et pourtant, à vivre toute sa vie en deux : que reste-t-il de la vie à deux ?


L'autre n'est pas forcément du sexe opposé, le patriarcat n'est visible que dans ses lois et dans la visibilité qu'il accorde à un monde libéraliste et capitaliste.

Alors la prochaine époque sera-t-elle le doigt sauveur de la femme qui la montera sur la première marche de la reconnaissance mais au prix de quelle politique ?


La femme sera libre et l'homme aussi lorsqu'ils se verront comme une complémentarité, non en concurrence. Mais la concurrence est une histoire de prix et de reconnaissance ! Mais c'est surtout le petit bureau qui commande les ficelles du haut de son parloir : la société.

La femme doit se faire sa propre révolution accompagnée par l'homme et nullement influencée par aucun parti politique car la femme n' en est plus à dicter ses lois mais à proclamer ses droits.


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