Balthazar sans gilet jaune de Boris Faure

Premier roman de Boris Faure, j'étais impatiente de le découvrir dans l'écriture : l'homme aux chroniques insouciantes qui remuent en balançant du mot et du caractère.

Résumé : Balthazar est un écrivain. Il est amoureux de Noémie. Au nom de l'amour, il sacrifie sa liberté. Au nom de la vengeance, il rejoint Paris au chapitre 1 du grand rassemblement des gilets jaunes. Dumas ou Dantès, il pointe la dame de pique puis brûle l'histoire.

Mon avis : Le monde sans amour ne respire pas pour Balthazar. Le monde doit brûler pour retrouver sa Noémie. Balthazar n'existe pas dans cette société, il est dans un livre, il est dans une chambre avec elle. Sa muse, sa confidente, son amie, son amante : elle est tout son monde. Le reste n'est qu'hallucinations, bruits ou passages. Sa certitude se trouve dans l'écriture. Les autres sont des êtres perdus comme Gilbert ou Joëlle, accrochés aux revendications des gilets jaunes comme à une famille qui s'entraide et se bat pour vivre et rester digne pour peut-être même retrouver la fierté du quotidien égarée dans la misère et l'isolement.

L'homme au chapeau, sans gilet, rejoint le mouvement. Le besoin de se venger de cette femme qui l'a abandonné et de cet homme qui lui a volé son existence. Il se fait des alliés, qu'il va abreuver de son désarroi. La colère contre l'injustice, le mépris ou même l'indifférence. Balthazar ou plutôt Dantès manipule les mots sur les réseaux sociaux. De sa fenêtre à Paris, il regarde sa vengeance prendre vie : que ça brûle ! Comme ça fait mal, comme rester défigurée à vie par punition ou qu'il ne reste rien. Des cendres : poussière d'inexistence.


Boris Faure possède l'écriture de la personnalité : elle vit, elle bouge, elle revendique, elle crache, elle s'allonge. C'est un homme, c'est une femme : c'est une plume unisexe qui touche ou qui claque.



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